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Hygiène & santé•Protocoles de soins en crèche et micro-crèche
Professionnelle de crèche réalisant un lavage de nez au sérum physiologique sur un nourrisson allongé

Quel protocole pour le lavage de nez en crèche ?

Publié le 22 septembre 2025, mis à jour le 7 septembre 2026

Un mardi de novembre, section des bébés, quatre nez qui coulent sur six. L'auxiliaire attrape une dosette de sérum physiologique, et sa collègue l'arrête : « on n'a pas le droit de le faire sans l'accord des parents, non ? ». Personne ne sait vraiment. Le protocole est quelque part dans le classeur hygiène, personne ne l'a relu depuis l'ouverture, et le bébé attend, la bouche ouverte, sur les genoux.

Réponses courtes

Synthèse pour les équipes rédigée par Leia.

Leia
Le protocole de lavage de nez est-il obligatoire en crèche ?
Oui, indirectement. Le II de l'article R. 2324-30 du code de la santé publique impose d'annexer au règlement de fonctionnement un protocole sur les mesures d'hygiène générale et renforcées, et un protocole sur les soins spécifiques occasionnels ou réguliers. Le lavage de nez relève de ces deux protocoles, transmis pour information au président du conseil départemental. Leia héberge ces protocoles et les rend accessibles depuis chaque section.
Faut-il une ordonnance ou l'accord des parents pour un lavage de nez en crèche ?
Pas d'ordonnance : le sérum physiologique est un soin d'hygiène et de confort, pas un médicament. En revanche, l'autorisation des titulaires de l'autorité parentale doit être écrite, dans le règlement de fonctionnement ou le contrat d'accueil signé à l'admission. Une simple information des familles ne suffit pas. Leia conserve ces autorisations dans le dossier de l'enfant.
Qui valide le protocole de lavage de nez en micro-crèche ?
Le référent santé et accueil inclusif. L'article R. 2324-39 du code de la santé publique lui confie, au 8° de ses missions, de contribuer à l'établissement des protocoles annexés au règlement de fonctionnement. Il est obligatoire y compris en micro-crèche, à raison de 10 heures par an dont 2 heures par trimestre. Leia trace la date de validation et la version en vigueur de chaque protocole.
Quelle est la bonne technique de lavage de nez pour un nourrisson en crèche ?
Nourrisson allongé sur le dos ou le côté, tête maintenue sur le côté, bouche fermée pendant l'instillation pour que le sérum ressorte par l'autre narine. Une dosette unidose par narine, jetée après usage, jamais de spray partagé ni de vasoconstricteur, hygiène des mains avant et après. L'enfant plus grand est assis ou semi-assis, tête penchée sur le côté.
Comment tracer les lavages de nez en crèche pour la PMI ?
Dans le registre de soins de la structure, avec la date, l'heure, l'enfant, le professionnel et une observation éventuelle. Le carnet de liaison est une transmission aux parents, pas une traçabilité interne. C'est le registre que le contrôleur de PMI demande et croise avec le protocole annexé au règlement de fonctionnement. Leia trace chaque soin en quelques secondes et produit ce registre en un clic.

Le lavage de nez est le soin le plus banal de la crèche et l'un des moins bien encadrés. Il est pourtant cadré trois fois : par le code de la santé publique, qui impose un protocole annexé au règlement de fonctionnement, par le rôle du référent santé et accueil inclusif, et par l'accord écrit des familles. Et sur le plan technique, un geste mal positionné envoie le sérum et les sécrétions dans la gorge du nourrisson au lieu de les faire sortir.

Cet article donne le cadre exact, texte à l'appui, la bonne technique selon l'âge de l'enfant, et la traçabilité qu'un contrôleur de la PMI attend réellement. Vous pourrez relire votre protocole avec cette grille et corriger ce qui manque avant l'épidémie de bronchiolite.

Consulter le texte source

Article R. 2324-30 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2021-1131 du 30 août 2021. Le II liste les protocoles obligatoirement annexés au règlement de fonctionnement de tout établissement d'accueil du jeune enfant.

Lire l'article R. 2324-30 sur Légifrance
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Où doit vivre le protocole de lavage de nez ? Dans le règlement de fonctionnement, pas dans un classeur à part

Le II de l'article R. 2324-30 du code de la santé publique impose que le règlement de fonctionnement comporte, en annexe, une série de protocoles. Deux d'entre eux concernent directement le lavage de nez : le protocole détaillant les mesures préventives d'hygiène générale et les mesures d'hygiène renforcées à prendre en cas de maladie contagieuse ou d'épidémie, et le protocole détaillant les modalités de délivrance de soins spécifiques, occasionnels ou réguliers.

Ces protocoles sont transmis pour information au président du conseil départemental, c'est-à-dire à la PMI, avec le règlement de fonctionnement. La conséquence est concrète : un protocole de lavage de nez rangé dans un classeur hygiène, jamais annexé au règlement et jamais transmis, n'existe pas aux yeux du contrôleur, même s'il est bien écrit.

Chaque modification de ce protocole est une modification du règlement de fonctionnement, donc une nouvelle transmission à la PMI. Le calendrier, les annexes obligatoires et la méthode sont dans notre guide sur la mise à jour du règlement de fonctionnement en 2026.

Une gestionnaire de micro-crèche de 12 places à Angers l'a appris lors d'une visite de contrôle : ses fiches de soins étaient irréprochables, mais son règlement de fonctionnement datait de l'ouverture et n'y faisait pas référence. Le rapport a noté une non-conformité documentaire, pas une faute de soin. L'erreur classique est de gérer les protocoles comme des documents vivants et le règlement comme un document mort. Quand l'un change, l'autre doit suivre, et la nouvelle version repart à la PMI.

Qui valide le protocole ? Le référent santé et accueil inclusif, pas la directrice seule

Beaucoup d'équipes désignent un « référent hygiène » maison, une auxiliaire motivée qui relance les collègues. C'est utile, mais ce n'est pas ce que demande la loi. L'article R. 2324-39 du code de la santé publique impose à tout établissement, micro-crèche comprise, le concours d'un référent santé et accueil inclusif, le RSAI. Parmi ses missions, le 8° est explicite : il contribue à l'établissement des protocoles annexés au règlement de fonctionnement prévus au II de l'article R. 2324-30.

Le RSAI est un médecin, une puéricultrice ou, à défaut, un infirmier justifiant d'une expérience auprès de jeunes enfants. En micro-crèche, son intervention est d'au moins 10 heures par an, dont 2 heures par trimestre. Quand la structure compte une puéricultrice ou un infirmier dans l'équipe, ce professionnel accompagne aussi les collègues dans l'application quotidienne de ces protocoles. Le détail de ses missions est dans notre article sur le référent santé et accueil inclusif.

Dans une crèche associative de 20 places à Rennes, le protocole de lavage de nez a été réécrit en une heure avec la puéricultrice de PMI qui assure le rôle de RSAI par convention. Elle a supprimé la mention « bouche entrouverte », ajouté la position par âge, et signé la page. Ce nom et cette date en bas du document pèsent plus, en contrôle, que dix pages de bonnes intentions. La mise en garde : un protocole non relu par le RSAI depuis plus d'un an est un protocole que vous devrez défendre seule.

Faut-il l'accord des parents ? Oui, écrit, et avant le premier rhume

Le lavage de nez au sérum physiologique est un soin d'hygiène et de confort. Ce n'est ni un médicament ni un traitement. Il ne relève donc pas du circuit d'administration des médicaments prévu à l'article R. 2111-1 du code de la santé publique, et il ne demande aucune ordonnance. C'est exactement ce qui le distingue d'un spray décongestionnant ou d'une solution avec vasoconstricteur, que la crèche ne doit jamais utiliser.

Pour autant, réaliser ce soin suppose que les titulaires de l'autorité parentale l'aient autorisé. Cette autorisation se prévoit dans le règlement de fonctionnement ou dans le contrat d'accueil, signée à l'admission, en même temps que les autres autorisations de soins courants. Remettre le protocole aux familles « pour information » ne suffit pas : informer n'est pas autoriser.

Quand une famille refuse, comme ce couple d'une micro-crèche de Bordeaux qui craignait le geste après un épisode difficile à la maison, la réponse n'est pas de contourner. On note le refus au dossier, on respecte, et on oriente vers le médecin traitant si l'encombrement gêne vraiment l'enfant. Le circuit à suivre pour tout ce qui dépasse le soin d'hygiène est détaillé dans notre article sur le protocole d'administration des médicaments en crèche.

La technique : deux positions selon l'âge, bouche fermée, et jamais de spray partagé

Le réflexe habituel est d'asseoir le bébé face à soi, tête droite, bouche entrouverte « pour qu'il respire ». C'est précisément ce qui provoque les fausses routes : le sérum descend dans la gorge au lieu de traverser le nez. Les fiches de soins des services de pédiatrie et le guide du Haut Conseil de la santé publique sur les maladies infectieuses en collectivité convergent sur une méthode simple, à écrire telle quelle dans votre protocole.

  1. 1. Évaluer le besoin, pas l'habitude

    Un nez encombré qui gêne la respiration, la tétée ou l'endormissement justifie le geste. Un nez qui coule un peu chez un enfant qui joue et mange normalement ne le justifie pas. Le lavage de nez n'est jamais systématique.

  2. 2. Se laver les mains et préparer le matériel

    Lavage des mains ou friction hydroalcoolique avant le soin. Sur le plan de change : une dosette unidose de sérum physiologique par narine, des mouchoirs à usage unique, une poubelle. Les gants ne sont pas obligatoires, seulement utiles si les sécrétions sont abondantes.

  3. 3. Installer l'enfant selon son âge

    Nourrisson : allongé sur le dos ou sur le côté, tête maintenue sur le côté d'une main ferme et douce. Enfant plus grand : assis ou semi-assis sur les genoux, tête penchée sur le côté. Un bébé assis face à vous avec la tête droite est la position qui fait le plus de fausses routes.

  4. 4. Fermer la bouche pendant l'instillation

    La main qui maintient la tête ferme aussi la bouche de l'enfant. Le sérum instillé dans la narine du haut ressort alors par la narine du bas en entraînant les sécrétions, au lieu de couler dans la gorge.

  5. 5. Instiller toute la dosette d'un coup, sans forcer

    Embout à l'entrée de la narine supérieure, pression franche et continue, puis on laisse s'écouler. On essuie avec un mouchoir jeté aussitôt, on tourne la tête de l'autre côté et on recommence avec une dosette neuve.

  6. 6. Jeter, désinfecter, se relaver les mains

    Dosettes, mouchoirs et gants éventuels vont directement à la poubelle. On désinfecte le plan de change et on se lave les mains avant de reprendre l'enfant suivant. Une dosette entamée ne se garde jamais.

  7. 7. Tracer dans le registre de soins et transmettre

    Date, heure, enfant, professionnel, nombre de lavages et observation éventuelle dans le registre de soins de la structure. Puis transmission aux parents à la fin de la journée. Ce sont deux écrits différents.

Côté matériel, quatre points font la différence entre un protocole qui protège et un protocole qui contamine :

  • Sérum physiologique en dosettes unidoses : une dosette par narine, jetée après usage. Jamais de flacon spray partagé entre enfants, même avec un embout désinfecté.
  • Aucun vasoconstricteur, aucun produit médicamenteux : seul le sérum physiologique ou l'eau de mer isotonique relève du soin d'hygiène. Tout autre produit relève d'une ordonnance et du protocole d'administration des médicaments.
  • Mouchoirs à usage unique : jamais de gant de toilette ou de lange réutilisé entre deux enfants.
  • Hygiène des mains avant et après : c'est le vrai point de maîtrise, plus que le port de gants. Les gants restent réservés aux sécrétions abondantes ou sanglantes.

Une crèche de 30 places à Lyon a mis trois semaines à comprendre pourquoi la rhinopharyngite tournait en boucle dans la section des moyens : un flacon spray « pour toute la section » posé sur le plan de change, dont l'embout était rincé à l'eau entre deux enfants. Le passage aux dosettes unidoses a réglé le problème en dix jours. L'hygiène des mains est décrite pas à pas dans notre fiche technique du lavage des mains en crèche.

Leia

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Vos protocoles de soins et leur traçabilité au même endroit

Avec Leia, le protocole de lavage de nez validé par votre RSAI est accessible depuis la section, chaque soin est tracé en quelques secondes avec l'enfant, l'heure et le professionnel, et le registre de soins se sort en un clic le jour du contrôle.

Traçabilité : le carnet de liaison n'est pas un registre de soins

« On le note dans le carnet » est la réponse la plus fréquente quand on demande à une équipe comment elle trace ses lavages de nez. Le carnet de liaison, papier ou application, est une transmission aux parents. Ce n'est pas la traçabilité interne que la structure doit pouvoir produire.

  • Le carnet ou l'application de transmission : s'adresse aux parents. Il dit ce que l'enfant a vécu dans la journée.
  • Le registre de soins : s'adresse à la structure et à la PMI. Il prouve qui a fait quoi, quand, sur quel enfant, et permet de repérer qu'un enfant a eu quatre lavages de nez en deux jours.

Lors d'un contrôle, l'inspectrice de PMI demande rarement à voir les transmissions aux familles. Elle demande le registre de soins, et elle le croise avec le protocole annexé au règlement de fonctionnement : le soin décrit est-il celui qui est réalisé, par qui, à quelle fréquence ? Ce que vérifie réellement un contrôleur est détaillé dans notre article sur le contrôle PMI en crèche.

Une directrice de crèche de 24 places à Tours tenait une traçabilité impeccable sur papier, mais dispersée dans les cahiers de chaque section. Il lui a fallu une demi-journée pour reconstituer le registre demandé. L'erreur n'est pas de ne pas tracer, c'est de tracer dans un support impossible à consolider. Un registre unique, par enfant et par jour, évite ce travail de reconstitution.

Bronchiolite : quand le lavage de nez devient une mesure d'hygiène renforcée

De novembre à fin février, le lavage de nez change de statut. Le protocole d'hygiène renforcée prévu au II de l'article R. 2324-30 s'applique dès qu'une maladie contagieuse ou une épidémie touche la structure, et la bronchiolite en est le cas typique. La recommandation de la Haute Autorité de santé de novembre 2019 sur le premier épisode de bronchiolite du nourrisson place la désobstruction rhinopharyngée en première ligne : pluriquotidienne, avant les repas et avant le coucher, sans aspiration nasopharyngée.

Votre protocole doit donc prévoir deux régimes. En temps normal, le lavage de nez se fait à la demande, selon l'évaluation décrite plus haut. En période épidémique déclarée, il devient systématique avant chaque repas et chaque sieste pour les nourrissons encombrés, avec un renforcement de l'hygiène des mains, de l'aération et du nettoyage des surfaces. La bascule d'un régime à l'autre se décide avec le RSAI et se date dans le registre.

Dans une micro-crèche de Nantes, la référente technique déclenche ce régime renforcé dès le deuxième bébé encombré de la semaine, sans attendre un diagnostic. Contre-intuitif, mais efficace : la HAS rappelle que la fréquentation de la collectivité en phase aiguë n'est pas souhaitable, et que les nourrissons à haut risque doivent éviter la collectivité en période épidémique. Le protocole renforcé sert aussi à en parler aux familles avec un texte à l'appui. Les autres mesures de cette période sont rassemblées dans notre article sur les règles d'hygiène et de sécurité en petite enfance.

Conclusion : un soin banal, trois obligations précises

Quatre points de bascule. Le protocole de lavage de nez est annexé au règlement de fonctionnement et transmis à la PMI, sinon il n'existe pas. Il est établi avec le RSAI, dont c'est une mission légale. L'autorisation des parents est écrite et signée à l'admission. Et la technique distingue le nourrisson allongé, tête sur le côté, bouche fermée, de l'enfant plus grand assis.

Concrètement, cela change trois documents dans votre structure : le règlement de fonctionnement, le contrat d'accueil et le registre de soins. Une fois ces trois pièces alignées, l'équipe n'hésite plus un mardi de novembre, et le contrôle se passe en montrant plutôt qu'en expliquant.

Le statu quo a un coût précis : une non-conformité documentaire au prochain contrôle, une demi-journée de reconstitution de registre, et un risque de fausse route à chaque geste mal positionné. Trois documents à jour et un registre unique coûtent bien moins que cela.

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Dans les crèches de ma famille, le lavage de nez a longtemps été le soin que tout le monde faisait et que personne n'avait écrit. Le jour où une inspectrice a demandé le registre, on a compris que le geste était bon mais que la preuve n'existait pas. Leia est né en partie de ce jour-là : un protocole validé, un soin tracé en dix secondes, et un registre qu'on sort sans transpirer.

• Romain Sessine, fondateur de Leia

Sources

Votre protocole de lavage de nez est-il annexé au règlement de fonctionnement, validé par le RSAI et tracé dans un registre unique ?

Si l'une des trois réponses est non, vous le découvrirez au prochain contrôle. Leia centralise vos protocoles de soins, trace chaque geste depuis la section et produit le registre de soins que la PMI demande. Une démo de 30 minutes suffit pour voir comment cela se passe chez vous.