Lundi 8h45, dans une micro-crèche de 12 berceaux. L'alarme incendie se déclenche pendant l'accueil, trois parents encore dans le hall, deux bébés au change, une nouvelle recrue en période d'essai qui n'a jamais fait d'exercice. La directrice cherche la liste de présence du jour : elle est restée sur le bureau à l'étage. C'est ce moment précis qui décide de tout.
Réponses courtes
Synthèse pour les équipes rédigée par Leia.

- À quelle fréquence faire un exercice d'évacuation en crèche ?
- La réglementation impose au minimum un exercice tous les 6 mois (Code du travail, art. R4227-39). L'article R33 du règlement ERP impose en plus un premier exercice dans le mois suivant l'ouverture et la consignation au registre de sécurité (date, scénario, temps d'évacuation).
- Qui fait quoi lors d'une évacuation incendie en crèche ?
- Les rôles doivent être attribués aux postes (référente section, direction, accueil), pas aux personnes. Chaque poste a une fiche action plastifiée : responsable évacuation, comptage, secours, fermeture. Le stress annule l'improvisation : chaque professionnelle doit savoir son rôle dans les 10 premières secondes après l'alarme.
- Quels documents la PMI vérifie pour la sécurité incendie ?
- Trois éléments systématiques en contrôle PMI : le registre de sécurité (exercices, extincteurs, formations), le plan d'évacuation affiché dans chaque pièce, et les consignes écrites par rôle. Côté bâtiment, la commission de sécurité (SDIS / mairie) vérifie la conformité ERP (issues, équipements, alarme).
- Combien de bébés un adulte peut-il évacuer seul ?
- Ce n'est pas un seuil réglementaire mais une bonne pratique : en portage, on ne dépasse jamais 2 bébés par adulte. En crèche, on privilégie les chariots d'évacuation multi-places (4 à 6 berceaux sans portage) ou les lits-évacuation. Le comptage se fait AVANT la sortie avec la liste de présence du jour.
- Comment Leia aide sur le protocole incendie en crèche ?
- Leia centralise registres de sécurité, exercices d'évacuation, rôles par poste et échéances de contrôle. L'équipe accède aux fiches action depuis son téléphone et vous recevez une alerte avant chaque échéance.
Le protocole incendie, c'est le document qu'on rédige une fois puis qu'on oublie dans le classeur rouge. Sauf qu'entre le papier et l'évacuation réelle, il y a un gouffre : le stress, les enfants qui pleurent, un adulte absent, une issue encombrée par une poussette. Les contrôles PMI le savent, et ils ne se contentent plus d'un document propre.
Vous allez repartir avec un protocole qui tient au réel : les rôles écrits noir sur blanc, la cadence des exercices, ce qu'exigent réellement les inspecteurs, et les erreurs qui coûtent cher le jour où ça se passe pour de vrai.
Ce que dit la réglementation, en trois phrases
Une crèche est un ERP de type R, soumis à l'arrêté du 25 juin 1980. L'article R33 impose des exercices pratiques d'évacuation, dont le premier dans le mois qui suit l'ouverture ou la rentrée, et leur consignation au registre de sécurité (date, scénario, temps d'évacuation). Côté employeur, le Code du travail (article R4227-39) impose au minimum un exercice tous les 6 mois, avec un registre à disposition de l'inspection du travail.
Pourquoi un protocole "conforme" ne suffit pas le jour J
La plupart des protocoles que je vois dans les structures que nous équipons sont juridiquement corrects et opérationnellement inutilisables. Ils décrivent des procédures générales, sans nommer qui fait quoi, sans tenir compte de la géographie du bâtiment, sans anticiper l'absence d'un adulte. Le vrai risque n'est pas l'incendie : c'est l'évacuation ratée d'un incendie mineur.
Scénario classique dans une structure de 30 berceaux : un feu de plaque de cuisson maîtrisé en quelques minutes, mais l'évacuation qui traîne parce que la professionnelle qui devait prendre la liste de présence était absente et personne n'avait repris son rôle. Deux enfants retrouvés dans le dortoir après coup. Aucune blessure, mais un constat PMI sévère et des mesures correctives immédiates.
Le réflexe habituel est de copier un modèle trouvé en ligne et de l'adapter au nom de la structure. C'est ce qui fabrique des protocoles morts. Un protocole vivant part de votre plan, de vos effectifs réels, de votre équipe telle qu'elle est le mardi à 15h30, avec l'apprentie et la remplaçante.
Qui contrôle quoi ? Ne pas confondre les interlocuteurs
- Commission de sécurité (SDIS / mairie) : conformité du bâtiment et des équipements incendie (issues de secours, extincteurs, alarme, plan affiché).
- PMI : organisation et preuves au quotidien (formation du personnel, exercices semestriels effectivement réalisés, registre de sécurité, consignes affichées).
- DDPP : hygiène alimentaire et protection des consommateurs (HACCP). Ce n'est pas l'autorité de référence pour l'incendie.
En contrôle, c'est le professionnel de PMI qui demandera à l'apprentie où est son point de rassemblement, pas la DDPP.
Qui fait quoi ? La répartition des rôles qui évite le chaos
Une évacuation qui fonctionne repose sur des rôles nommés, pas sur "l'équipe s'organise". Le stress annule l'improvisation. Chaque professionnelle doit savoir, sans réfléchir, ce qu'elle fait dans les 10 premières secondes après l'alarme.
Dans une crèche associative de 20 berceaux que nous équipons, la directrice a affiché quatre fiches plastifiées au-dessus de chaque poste : responsable évacuation, responsable comptage, responsable secours, responsable fermeture. Chaque professionnelle sait quelle fiche est la sienne selon le planning du jour. Lors d'un exercice inopiné, l'équipe a évacué l'ensemble des enfants présents en moins de trois minutes, bébés compris.
Piège classique : attribuer les rôles aux personnes plutôt qu'aux postes. Le jour où la référente est malade, tout s'écroule. Attribuez toujours les rôles au poste occupé ce jour-là (référente section bébés, référente accueil, direction ou son adjointe présente). Et testez avec un absent volontaire lors d'un exercice sur deux.
Les 4 étapes d'une évacuation qui tient la route
Voici la séquence à graver dans les réflexes de l'équipe. Elle doit être identique quel que soit le déclencheur : exercice, alarme intempestive, feu réel. On ne module pas le protocole en fonction du "on dirait que c'est faux".
1. Détection et alerte immédiate
Dès l'alarme (ou la détection d'une fumée), la personne qui repère déclenche l'alerte sonore et prévient la direction. Pas de vérification préalable, pas de temps perdu à chercher l'origine. La règle : on considère toujours l'alarme comme réelle.
2. Regroupement et comptage des enfants
Chaque section rassemble ses enfants dans un coin défini de la pièce. On sort la liste de présence du jour (celle qui a été mise à jour à l'accueil du matin). Le comptage se fait AVANT la sortie, pas dehors dans le stress.
3. Évacuation par l'itinéraire principal ou de secours
Les plus grands marchent en se tenant par la main ou par une corde d'évacuation. Les bébés passent par chariot d'évacuation multi-places (4 à 6 berceaux sans portage), lit-évacuation ou, en dernier recours, les bras des adultes : en pratique, on ne dépasse jamais 2 bébés portés par adulte. La direction ferme la marche et vérifie chaque pièce, dortoirs compris.
4. Point de rassemblement et transmission aux secours
Une fois au point de rassemblement (défini à l'avance, à distance de la structure), on recompte. La directrice ou son adjointe appelle le 18 et transmet : adresse, nombre d'enfants, nombre d'adultes, situation. On attend les pompiers sur place. Règle absolue : on ne retourne jamais dans le bâtiment, même pour un doudou, un sac ou un document. Aucune exception.
Ne pas confondre : protocole incendie et PPMS
Le protocole incendie prévoit l'évacuation du bâtiment vers un point de rassemblement extérieur. Le PPMS (mise en sûreté) couvre les menaces attentat-intrusion : selon le scénario, on évacue ou on confine (sécurisation sur place, portes fermées, enfants regroupés loin des ouvertures). Deux logiques opposées selon la menace. Beaucoup de directrices mélangent les consignes, les affichages et les exercices. Gardez deux documents distincts, deux formations distinctes, deux types d'exercices.

Un outil pensé pour votre quotidien
Vos protocoles de sécurité toujours à jour, sans classeur rouge
Leia centralise vos registres de sécurité, vos exercices d'évacuation, vos rôles par poste et vos échéances de contrôle. Vous recevez une alerte avant chaque échéance, l'équipe accède aux fiches action depuis son téléphone, et vous sortez les preuves attendues en contrôle PMI en un clic.
Registre, plan, consignes : les 3 documents que la PMI vérifie
Aucun contrôle PMI ne se termine sans une demande d'accès à ces trois éléments. Ce n'est pas de la paperasse : c'est la preuve que votre protocole existe autrement que dans votre tête. Côté bâtiment, la commission de sécurité vérifie en parallèle la conformité ERP (issues, équipements, alarme). Consultez aussi le référentiel bâtimentaire national : les structures existantes doivent être en conformité au plus tard le 1er septembre 2026, sécurité incendie comprise.
- Le registre de sécurité : Il consigne les exercices d'évacuation, les vérifications d'extincteurs, les contrôles de la centrale incendie, les formations du personnel. La PMI le demande systématiquement lors de ses contrôles. Un registre à jour, c'est 30 minutes par trimestre.
- Le plan d'évacuation affiché : Un plan clair, visible dans chaque pièce de vie, avec les issues, le point de rassemblement, l'emplacement des extincteurs. Pas un plan d'architecte illisible : un schéma que même un remplaçant du jour comprend en 10 secondes.
- Les consignes écrites par rôle : Qui prend la liste ? Qui ferme les fenêtres ? Qui appelle les secours ? Qui vérifie les sanitaires ? Chaque poste a une fiche action de 5 lignes maximum, plastifiée, accessible. Le stress fait oublier l'évidence.
L'erreur la plus fréquente : un registre parfaitement rempli mais des exercices qui n'ont jamais eu lieu. Les dates sont notées, les signatures posées, personne n'a évacué. Ça se voit immédiatement quand le contrôleur PMI demande à la nouvelle apprentie où est son point de rassemblement. Le silence vaut condamnation.
Un exercice tous les 6 mois : ce qu'on oublie de tester
L'article R4227-39 du Code du travail impose au minimum un exercice d'évacuation tous les 6 mois. L'article R33 du règlement ERP ajoute l'obligation du premier exercice dans le mois suivant l'ouverture ou la rentrée : beaucoup de structures la ratent à l'ouverture, puis découvrent le trou au premier contrôle PMI. La plupart font ensuite le strict minimum, à la même heure, avec toute l'équipe en poste, un mercredi matin de beau temps. Ce n'est pas un exercice : c'est une cérémonie.
Un vrai exercice teste les scénarios inconfortables : pendant le repas, avec une remplaçante, avec un parent présent, avec une issue bloquée volontairement pour forcer le passage par l'issue de secours. Et surtout pendant la sieste : c'est le cas le plus redouté et le moins testé.
Exercice pendant la sieste : alarme audible près des dortoirs (sans surprendre au point de paniquer les tout-petits), réveil progressif, portage ou chariot d'évacuation depuis les lits, comptage avant sortie. Vérifiez que l'alarme est bien audible dans chaque dortoir : c'est un point que la commission de sécurité contrôle souvent. Organisez au moins un exercice "dégradé" par an : un adulte manquant, une pièce inaccessible. Une directrice d'une structure multi-accueil que nous accompagnons a vu ses temps d'évacuation nettement baisser en un an, simplement en variant les scénarios.
Contre-intuitif mais essentiel : ne prévenez pas l'équipe à l'avance de l'heure exacte. L'annonce "on fera un exercice cette semaine" suffit. Sinon vous testez la préparation, pas la réaction. Et notez tout : temps de sortie, oublis, blocages, comportement des enfants. C'est ce compte-rendu qui fait progresser le protocole, pas le protocole initial.
Conclusion : ce qui fait la différence entre un protocole et une vraie sécurité
Trois bascules à retenir : des rôles attribués aux postes et non aux personnes, des exercices qui testent les scénarios inconfortables (sieste en priorité), un registre tenu comme une preuve vivante et non comme une formalité. C'est ce trio qui transforme un classeur rouge en réflexe d'équipe.
Concrètement, ça change le climat de la structure. L'équipe sait quoi faire, les parents perçoivent le sérieux, la PMI passe sans stress sur ce volet. Et le jour où l'alarme sonne pour de vrai, vous ne cherchez pas la liste de présence sur un bureau à l'étage.
Le coût du statu quo est simple à mesurer : une évacuation ratée, c'est un constat en contrôle, des mesures correctives, et parfois la fin d'un projet. Si vous voulez arrêter de gérer vos protocoles à coups de fichiers Word éparpillés, demandez une démo de Leia : on regardera ensemble comment sécuriser votre organisation en 20 minutes.
En tant que fondateur de Leia, fils de gestionnaires de crèches, j'ai vu trop de directrices arriver en contrôle PMI avec des preuves éparpillées entre trois classeurs, deux tableurs et un cahier. Un protocole incendie, ça ne se juge pas à la beauté du document : ça se juge à la vitesse à laquelle une remplaçante du jour peut comprendre son rôle. C'est exactement ce qu'on a construit dans Leia : rendre l'invisible évident, et le conforme, vivable.
• Romain Sessine, fondateur de Leia
Votre dernier exercice d'évacuation remonte à quand exactement, et qui saurait le prouver demain matin ?
Si la réponse vous fait hésiter, ce n'est pas un problème de rigueur : c'est un problème d'outil. Leia centralise vos protocoles, planifie vos exercices, alerte avant les échéances et conserve les preuves attendues en contrôle PMI. 20 minutes de démo suffisent pour voir si ça colle à votre structure.


