2021, Île-de-France. En quelques heures, 303 enfants de 69 crèches se mettent à vomir après le déjeuner. Une purée de légumes livrée par le même prestataire. Les directrices découvrent en direct ce qu'est une TIAC • et surtout qu'elles n'ont jamais vraiment ouvert la procédure censée être affichée en cuisine.
Réponses courtes
Synthèse pour les équipes rédigée par Leia.

- Qu'est-ce qu'une TIAC en crèche et quand la déclarer ?
- Une TIAC (toxi-infection alimentaire collective) est caractérisée par au moins 2 cas de symptômes similaires liés à un même repas. La déclaration auprès de l'ARS et de la DDPP est obligatoire dès 2 enfants touchés. Leia centralise relevés, traçabilité et fiches de nettoyage pour que tout soit accessible en quelques clics le jour de l'enquête.
- Que faut-il conserver en cas de TIAC en crèche ?
- Plats témoins des 5 derniers jours, restes du repas incriminé, emballages et numéros de lot, relevés de température, fiches de nettoyage et planning du personnel cuisine. Ne rien jeter sans autorisation écrite de l'ARS ou de la DDPP. Leia archive automatiquement ces documents pour les sortir en 30 secondes.
- Comment Leia aide en cas de TIAC ?
- Le jour d'une TIAC, la DDPP demande 15 documents en 2 heures. Avec Leia, relevés de température, fiches de nettoyage et traçabilité des lots sont archivés automatiquement et accessibles en un clic, sans fouiller dans les classeurs.
Une toxi-infection alimentaire collective peut arriver n'importe où, y compris dans une structure irréprochable. Le problème n'est pas tant d'éviter l'événement que de savoir réagir dans les 30 premières minutes. Parce que c'est là que se joue la suite : la santé des enfants, votre responsabilité juridique, et la capacité de l'ARS à remonter à la source.
Cet article vous donne le protocole exact. Ce qu'il faut faire, dans quel ordre, qui prévenir, et surtout ce qu'il ne faut surtout pas jeter. À imprimer et à coller dans le bureau de direction.
Une TIAC, c'est quoi exactement • et pourquoi la crèche est particulièrement exposée
Une TIAC (toxi-infection alimentaire collective) est définie légalement par au moins 2 cas de symptômes similaires • vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, fièvre • dont l'origine peut être rapportée à un même repas. Depuis 1987, c'est une maladie à déclaration obligatoire en France. Pas une option, pas un arbitrage : une obligation.
En crèche, le risque est amplifié par deux facteurs. Les enfants de moins de 3 ans ont un système immunitaire immature, et la dose infectieuse nécessaire pour déclencher des symptômes est bien plus faible que chez l'adulte. Les agents les plus fréquents : Salmonelles, Staphylococcus aureus, Clostridium perfringens, Bacillus cereus, norovirus. La majorité des contaminations viennent d'une rupture de la chaîne du froid ou d'une contamination croisée en cuisine.
Contre-intuitif mais essentiel : dans 80 % des cas terrain, la source n'est pas un défaut d'hygiène grossier. C'est un frigo qui a dérivé une nuit, une sauce laissée 3 heures à 15°C, un lot fournisseur déjà contaminé à la livraison. D'où l'importance de tracer, pas juste de nettoyer.
Les 30 premières minutes : pourquoi tout se joue à ce moment-là
Une directrice de micro-crèche de 10 berceaux à Montreuil me racontait : "Le premier enfant a vomi à 12h15. À 12h40, j'en avais quatre. À 13h, j'étais seule avec deux auxiliaires, six parents au téléphone, et j'avais déjà commencé à jeter les restes parce que ça puait." Ce réflexe de tout nettoyer, on le comprend. Il est désastreux.
Jeter les restes, c'est se priver de la seule preuve qui permet à l'ARS de remonter la chaîne. C'est aussi, juridiquement, se mettre en position de faiblesse si l'enquête cherche à établir les responsabilités. Vous conservez tout, même ce qui vous semble dégoûtant ou inutile.
L'erreur fréquente à éviter : rassurer les parents en minimisant. "Ce n'est rien, il a juste trop mangé." Non. Vous informez factuellement, vous recommandez une consultation, vous notez l'heure de l'appel. La transparence protège autant les enfants que votre structure.
Le protocole en 6 réflexes à mémoriser
Ces six étapes doivent s'enchaîner sans hésitation. Affichez-les en cuisine et dans le bureau. Formez toute l'équipe • pas seulement la directrice, parce qu'un vendredi à 12h30, c'est parfois l'adjointe qui gère seule.
1. Isoler les enfants symptomatiques
Regroupez les enfants qui vomissent ou se plaignent de douleurs abdominales dans une pièce calme, à l'écart. Surveillez leurs constantes, notez l'heure d'apparition des symptômes. Aucun médicament sans avis médical • même pas du Doliprane donné de bonne foi.
2. Stopper net le repas suspect
Vous arrêtez le service immédiatement, même si la moitié des enfants ont déjà leur assiette. Vous ne jetez rien, vous ne lavez rien. Les restes du plat, les contenants, les couverts utilisés en cuisine : tout reste en l'état, mis au frigo (0-3°C) dans des contenants fermés et étiquetés.
3. Prévenir les parents et le médecin
Appels aux parents des enfants touchés pour qu'ils viennent les chercher et consultent. Si symptômes graves (déshydratation, fièvre haute, somnolence) : SAMU/15 sans attendre. Le médecin peut faire la déclaration à votre place • c'est parfois plus rapide.
4. Noter, horodater, tout tracer
Un carnet, une heure, un nom : enfant par enfant, symptôme, heure de début, repas consommé. L'ARS vous demandera ce relevé dans les heures qui suivent. Sans ça, l'enquête patine et c'est vous qui passez pour négligente.
5. Alerter ARS et DDPP
Déclaration obligatoire dès 2 cas similaires après un repas commun. ARS de votre région (signalement 24h/24) + DDPP du département. Par mail ou téléphone. Le Cerfa 12211 suivra.
6. Prévenir le prestataire (si livré)
Si les repas viennent d'une cuisine centrale, vous l'informez immédiatement • il peut avoir livré les mêmes plats à d'autres structures. Vous conservez bons de livraison, étiquettes, numéros de lot. C'est la pièce maîtresse de l'enquête.

Un outil pensé pour votre quotidien
Tous vos relevés centralisés, accessibles en un clic
Le jour d'une TIAC, la DDPP demande 15 documents en 2 heures. Avec Leia, relevés de température, fiches de nettoyage et traçabilité des lots sont archivés automatiquement. Vous les sortez en 30 secondes, pas en 3 jours de fouille dans les classeurs.
Ce que vous devez conserver • même ce qui vous semble inutile
La liste ci-dessous est ce que la DDPP vous demandera lors de son inspection. Tout ce qui manque joue contre vous. Une crèche de 24 berceaux à Tours a perdu son dossier en 2022 pour une seule raison : les plats témoins n'avaient pas été conservés ce jour-là. Résultat : responsabilité de la structure engagée, faute d'une défense factuelle.
- Les plats témoins des 5 derniers jours : La seule preuve qui permet d'identifier la source ou d'écarter votre responsabilité. Sans plats témoins, vous êtes seule face à l'enquête.
- Les restes du repas incriminé : Même une cuillerée. Même si ça paraît ridicule. Au frigo, étiqueté avec date et heure.
- Emballages, étiquettes, numéros de lot et DLC : Tout ce qui permet de remonter la traçabilité produit par produit. On ne jette aucun emballage tant que l'enquête n'est pas close.
- Relevés de température et fiches de nettoyage du jour : Frigos, chambre froide, plan de nettoyage cuisine. Ces documents démontrent que vos process sont tenus • ou pas.
- Planning du personnel en cuisine : Qui a cuisiné, qui a servi, qui était en congé maladie. La DDPP posera la question.
Ne jetez rien avant l'autorisation explicite de l'ARS ou de la DDPP. Même après une semaine. Même si on vous dit que "ça ira". Obtenez un écrit, un mail, quelque chose. C'est votre parachute juridique.
La déclaration obligatoire : à qui, comment, avec quel formulaire
La déclaration se fait auprès de l'ARS de votre région par mail ou téléphone, puis formalisée par le Cerfa n°12211 (disponible sur service-public.fr). La DDPP prend ensuite le relais pour l'inspection sanitaire. Si votre crèche est suivie par un médecin PMI, vous l'informez aussi. Si vos repas sont livrés, vous prévenez le prestataire dans la foulée • pas pour rejeter la faute, mais parce qu'il a peut-être livré les mêmes plats contaminés ailleurs.
La déclaration doit être faite dès 2 enfants touchés. Beaucoup de directrices hésitent, se disent qu'il faut "attendre de voir". C'est une erreur. Attendre 4 ou 5 cas pour déclarer vous expose à un reproche de rétention d'information. Et si les analyses confirment un agent pathogène sérieux, vous aurez perdu 24 heures précieuses.
Dans les jours qui suivent : inspection de la cuisine, analyse microbiologique des plats témoins (3 à 5 jours de résultats), rapport d'investigation. Vous devrez fournir l'intégralité de vos relevés, votre PMS, vos fiches de contrôle des températures, votre plan de nettoyage et votre traçabilité des denrées. Une structure qui tient ces documents au jour le jour traverse l'enquête. Les autres subissent.
Conclusion : les 3 points de bascule d'une TIAC bien gérée
Ce qui distingue une crèche qui s'en sort d'une crèche qui prend une fermeture administrative, ce n'est pas la chance. C'est trois choses : avoir conservé les plats témoins, avoir déclaré sous 24 heures, avoir des relevés à jour. Le reste • la com aux parents, la gestion émotionnelle • suivra plus facilement si ces fondations tiennent.
Concrètement dans votre structure, ça veut dire : afficher le protocole en cuisine, le former à toute l'équipe (pas seulement à vous), et surtout tenir vos traçabilités au quotidien • pas en mode rattrapage la veille d'un contrôle. Une crèche qui relève ses températures en temps réel et archive ses fiches de nettoyage a déjà gagné 80 % de la bataille.
Le coût du statu quo, c'est cette heure du mardi où vous fouillez des classeurs pendant que la DDPP attend en salle d'accueil. C'est la phrase "je ne retrouve pas le relevé du 12" qui entre au procès-verbal. C'est évitable.
Sur le terrain, j'ai vu des directrices formidables se retrouver en difficulté non pas parce qu'elles avaient mal géré la crise, mais parce que leurs documents étaient dispersés. Une TIAC, ça ne se prévoit pas • mais la traçabilité qui vous protège le jour J, elle se construit chaque semaine. C'est exactement pour ça qu'on a créé Leia : pour que le jour où ça arrive, vous n'ayez pas à fouiller.
• Romain Sessine, fondateur de Leia
Le jour où une TIAC arrive, il est trop tard pour chercher le protocole dans un classeur.
Avec Leia, vos relevés de température, votre traçabilité des lots et vos fiches de nettoyage sont centralisés et accessibles en un clic. Pour l'inspection de la DDPP. Pour l'ARS. Pour vous, surtout, qui dormez mieux en sachant que tout est en ordre.

