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Locaux & sécuritéRéférentiel bâtimentaire et contrôle PMI
Plan de locaux vu de dessus avec un mètre ruban, un crayon et une tasse de café sur une table en bois

Référentiel bâtimentaire : opposable depuis le 1er septembre 2026, ce que l'inspecteur PMI vous demandera de prouver

Publié le 14 septembre 2026

Mardi 8 septembre, 9 h 40, micro-crèche de 12 places à Chambéry. Une puéricultrice et un médecin du service de PMI du conseil départemental se présentent sans rendez-vous. Ils font le tour des salles, s'arrêtent devant le digicode, la porte de la cuisine, la fenêtre de la section des grands. Puis la question qui coince : « Vous pouvez me montrer la pièce qui prouve que ce film sur la baie vitrée est bien un film de sécurité ? » La facture est chez le gestionnaire, le devis a été payé en 2024, personne ne sait où est la fiche technique.

Réponses courtes

Synthèse pour les équipes rédigée par Leia.

Leia
Le référentiel bâtimentaire est-il obligatoire pour une crèche ouverte avant 2022 ?
Oui, mais pas en totalité. L'article 4 de l'arrêté du 31 août 2021 soumet les établissements dont la demande complète d'autorisation a été déposée avant le 1er septembre 2022 à 23 dispositions sur 70, à respecter au plus tard le 1er septembre 2026. La FAQ ministérielle du 1er septembre 2026 confirme que ces établissements « avaient jusqu'au 31 août 2026 » : depuis cette date, ces 23 dispositions sont opposables en contrôle PMI.
Quelles sont les 23 dispositions du référentiel bâtimentaire applicables aux crèches existantes ?
Selon la grille d'autodiagnostic de la DGCS, vingt-et-un articles de l'annexe I plus les deux blocs d'affichage de l'annexe II. Les obligations : contrôle d'accès (I.2.1), 300 lux (II.2.3), protections solaires (II.2.4), chauffage sous 60 °C (II.4.2), anti-pince-doigts (II.6.3), oculus (II.6.4), poignées à 130 cm ou bouton moleté (II.6.5), prises à 130 cm (II.6.6), entrebâilleurs et blocage des coulissantes (II.6.8), protection des saillies (II.6.9), vitrages sécurisés (II.6.10), assise pour les parents (III.1.1), lavabo par espace de change (III.2.2), accès au plein air dans le projet éducatif (III.7.2), clôture de 150 cm (III.7.4), communication interne (IV.5.1) et téléphone avec numéros d'urgence (IV.5.2). Quatre articles s'appliquent au titre des recommandations depuis le 8 septembre 2021 : variateurs (II.2.2), 18 à 22 °C (II.4.1), oscillo-battants (II.6.7), plan de déshabillage (III.1.2) ; II.4.1 et III.1.2 figurent aussi dans la liste des obligations au 1er septembre 2026.
Une crèche existante doit-elle respecter les 7 m² par enfant du référentiel bâtimentaire ?
Non. Les articles sur les surfaces (7 m² par place, II.1.1 ; 5,5 m² en zone très densément peuplée, II.1.2) ne figurent pas dans la liste de l'article 4 de l'arrêté pour les structures dont la demande a été déposée avant le 1er septembre 2022. Il en va de même des espaces de sommeil (III.3.1 et III.3.2), exclus explicitement par la question 2.4.4 de la FAQ du 1er septembre 2026. Ces exigences s'appliquent aux seules créations postérieures.
Quelles preuves présenter au contrôle PMI pour le référentiel bâtimentaire ?
Pour chaque disposition, une pièce datée : facture ou procès-verbal de pose pour le contrôle d'accès et la clôture, fiche technique pour les vitrages et les caches de radiateurs, relevé au luxmètre pour les 300 lux, photo datée par porte, prise ou fenêtre, projet éducatif à jour pour l'accès au plein air. Pour les quatre recommandations non appliquées, une note écrite expliquant pourquoi suffit. Leia associe chaque pièce à l'article de l'arrêté qu'elle couvre et sort le dossier complet le jour du contrôle.
Que risque une crèche non conforme au référentiel bâtimentaire après le 1er septembre 2026 ?
Une procédure graduée fixée par l'article L. 2324-3 du code de la santé publique : rapport et phase contradictoire d'un mois en règle générale, puis injonction avec délai de mise en conformité, éventuellement assortie d'une limitation de capacité et d'un affichage à l'entrée, suivie d'un contrôle. En cas d'inexécution : astreinte jusqu'à 1 000 € par jour, sanction financière jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires, suspension ou cessation d'activité, fermeture provisoire immédiate en cas d'urgence.
Le régime des 23 dispositions s'applique-t-il encore après un renouvellement d'autorisation ou un changement de gestionnaire ?
Oui. La question 2.4.2 de la FAQ ministérielle du 1er septembre 2026 précise que les établissements dont la demande a été déposée avant le 1er septembre 2022 restent soumis aux seules 23 dispositions, y compris après une modification, une extension, une transformation, un changement de titulaire de l'autorisation ou un renouvellement. Seule une nouvelle demande de création entraîne l'application des 70 dispositions.
Comment faire l'autodiagnostic du référentiel bâtimentaire de sa crèche ?
La DGCS a publié en octobre 2025, avec l'AMF, une grille d'autodiagnostic à cocher. L'autodiagnostic Leia, gratuit, reprend les obligations applicables aux structures existantes en 26 questions, cite pour chaque réponse l'article de l'arrêté du 31 août 2021, calcule un score sur les obligations et génère un compte rendu PDF listant vos écarts, à joindre à votre dossier de preuves.

Depuis le 1er septembre 2026, le référentiel bâtimentaire national n'est plus une échéance : ses 23 dispositions sont opposables aux crèches et micro-crèches dont la demande complète d'autorisation a été déposée avant le 1er septembre 2022. La FAQ ministérielle du 1er septembre 2026 en parle déjà au passé : ces établissements « avaient jusqu'au 31 août 2026 » pour se mettre en conformité. Et le guide d'inspection-contrôle, diffusé aux services de PMI fin 2025 puis publié en avril 2026, fixe une méthode de préparation et de documentation des visites. Le problème n'est plus de faire les travaux. C'est de pouvoir les prouver.

Chacune des 23 dispositions applicables aux structures existantes tient en une question : qu'est-ce que le contrôleur voit, et quelle pièce lui montrer. S'y ajoutent ce que le référentiel ne couvre pas mais que le contrôleur regarde quand même, et ce qui se passe concrètement quand une case manque. Un dossier de preuves se constitue avant la visite, pas après.

Consulter les textes sources

L'article 4 de l'arrêté du 31 août 2021 fixe la liste des dispositions applicables aux structures existantes. La section 2.4 de la FAQ ministérielle du 1er septembre 2026 en précise la portée. Le guide d'inspection-contrôle d'avril 2026 décrit la méthode des contrôleurs.

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23 dispositions, pas 70 : ce que vous devez prouver, et ce qu'on ne peut pas vous demander

Première confusion, et elle est tenace : une crèche ouverte avant 2022 n'a pas à respecter les 70 dispositions du référentiel. L'article 4 de l'arrêté du 31 août 2021 réserve l'intégralité du texte aux structures dont la demande complète d'autorisation a été déposée à compter du 1er septembre 2022. Pour les autres, la FAQ de septembre 2026 retient 23 des 70 dispositions. Dans la grille d'autodiagnostic diffusée par la DGCS avec l'AMF, ces 23 se lisent comme 21 articles de l'annexe I plus les deux blocs d'affichage de l'annexe II (informations aux familles, informations aux professionnels).

Le critère juridique est la date de dépôt de la demande complète, pas la date d'ouverture. Et ce régime des 23 vous suit : la FAQ du 1er septembre 2026 confirme qu'il reste applicable après une modification, une extension, une transformation, un changement de titulaire de l'autorisation ou un renouvellement de l'autorisation (question 2.4.2). Seule une nouvelle création bascule dans les 70.

Conséquence directe, et c'est le point que les gestionnaires connaissent le moins : la surface de 7 m² par place, les 5,5 m² admis en zone très densément peuplée et les règles sur les espaces de sommeil (articles III.3.1 et III.3.2) ne font pas partie des 23. La FAQ le dit explicitement pour les dortoirs (question 2.4.4). Un contrôleur qui vous demande de prouver 7 m² par place au titre du référentiel bâtimentaire se trompe de régime, et vous êtes en droit de le lui dire, texte à l'appui.

Autre subtilité, et elle vient de la rédaction de l'article 4 : quatre articles s'appliquent depuis le 8 septembre 2021 au titre des recommandations (variateurs de lumière II.2.2, température de 18 à 22 °C II.4.1, fenêtres oscillo-battantes II.6.7, plan de déshabillage III.1.2), dix-neuf étaient à mettre en œuvre au plus tard le 1er septembre 2026 au titre des obligations. Deux numéros figurent dans les deux listes, II.4.1 et III.1.2, ce qui ramène à vingt-et-un les articles distincts, les deux blocs d'affichage complétant les 23. L'annexe I rédige ces deux-là au conditionnel (« de préférence ») : mieux vaut les documenter que trancher. Pour les articles qui relèvent clairement de la recommandation, la preuve attendue n'est pas un équipement mais une justification écrite : l'établissement qui ne les applique pas « doit être en capacité d'expliquer pourquoi » (question 2.4.6). Une gestionnaire de crèche associative de 20 places à Périgueux a écrit une demi-page datée expliquant pourquoi ses fenêtres à la française, déjà équipées d'entrebâilleurs, n'avaient pas été remplacées par des oscillo-battantes. C'est exactement ce que la FAQ attend. L'erreur fréquente est de traiter ces recommandations comme des travaux à budgéter, alors qu'une note argumentée et datée répond à la demande.

« Vu, entendu, lu » : le contrôleur arrive avec un dossier sur vous, constituez-le avant lui

Le guide d'inspection-contrôle des modes d'accueil du jeune enfant, publié en avril 2026 par la DGCS et l'IGAS, a une méthode et un vocabulaire : analyser les risques au regard du vu, de l'entendu et du lu. Le « vu », c'est la visite des locaux. Le « lu », ce sont vos pièces. Sur le bâti, l'un ne va pas sans l'autre : le digicode qu'il voit fonctionner ne prouve pas qu'il permet une réponse depuis les unités d'accueil, et le film sur la vitre ne prouve pas sa classe de résistance.

La préparation du contrôle commence avant la visite, et pas de votre côté. Avant même de venir, le contrôleur constitue un dossier documentaire : autorisation, rapports des contrôles précédents, documents budgétaires et tableaux des effectifs, attestations sur la qualité de l'air ou la sécurité incendie, événements indésirables déclarés. Il peut demander, avant ou après la visite, des attestations pour les normes techniques. Le guide retient la visite inopinée comme mode de déclenchement préférentiel : le contrôleur remet en début de visite la liste des pièces dont il a besoin, pour qu'elles soient préparées pendant le temps de la visite, et il commence sans attendre la présence d'un membre de la direction. Pas la veille. Pendant.

Dans un multi-accueil de 40 places à Tourcoing, la directrice a vécu ce scénario en juin dernier. Le contrôle a duré trois heures ; elle en a passé une et demie au téléphone avec le service technique de la ville pour retrouver le rapport de vérification électrique et le procès-verbal de pose du contrôle d'accès. Le rapport d'inspection a noté « pièces non disponibles le jour de la visite, transmises sous huit jours ». Rien de grave, mais c'est la première ligne que lira l'élu. Le contre-pied à prendre : le contrôleur a un dossier sur vous, ayez le même, au même endroit, à jour. La méthode complète des inspecteurs est décryptée dans notre article sur le guide d'inspection-contrôle 2026, et le déroulé d'une visite dans celui sur le contrôle PMI en crèche.

Les 23 dispositions traduites en pièces à montrer

Le tableau reprend les articles listés à l'article 4 de l'arrêté pour les structures existantes. La colonne « ce qu'il voit » est le constat sur place ; la colonne « la pièce » est ce qui transforme un constat en conformité documentée. Une photo datée et une facture suffisent souvent, à condition d'exister le jour de la visite.

ArticleL'exigenceCe qu'il voitLa pièce qui prouve
I.2.1Contrôle d'accès à l'entrée (digicode, visiophone ou autre) avec réponse et déverrouillage possibles depuis les unités d'accueilIl sonne, regarde qui répond et d'oùFacture ou PV de pose, notice de l'installation, photo du combiné dans la section
II.2.3300 lux dans les espaces de vie, lumière naturelle et artificielle combinéesIl constate, il peut mesurerRelevé au luxmètre daté par pièce, ou attestation de l'électricien après remplacement des luminaires
II.2.4Protections solaires contre le réchauffement excessif, selon l'orientationStores, brise-soleil, filmsFacture, photo par façade exposée
II.4.2Chauffage et tuyaux : température de contact inférieure à 60 °C, sinon rendus inaccessiblesIl touche les radiateurs, regarde les cachesFiche technique des émetteurs ou des caches, photo
II.6.3Anti-pince-doigts des deux côtés des portes et portillons, jusqu'à 110 cm minimumIl ouvre chaque porte accessible aux enfantsFacture, photo par porte, liste des portes vérifiées
II.6.4Oculus sur les portes ouvrant sur les espaces d'accueil (grande hauteur, ou deux oculi haut et bas)Regard porte par portePhoto, facture des portes ou des oculi posés
II.6.5Portes des espaces interdits aux enfants (cuisine, lingerie, technique) : poignée à 130 cm ou bouton moletéIl essaie d'ouvrir à hauteur d'enfantPhoto de chaque porte concernée, facture
II.6.6Prises électriques à 130 cm minimum, prises plus basses condamnées ou sécurisées (cache à clé ou à ventouse)Il compte les prises bassesRapport de l'électricien ou photo par pièce, facture des caches
II.6.8Entrebâilleurs sur les fenêtres à la française, blocage inaccessible aux enfants sur les coulissantesIl ouvre les fenêtresFacture, photo
II.6.9Aspérités anguleuses et saillies protégées sous 110 cmIl passe la main sur les angles, étagères, radiateursPhotos, liste des protections posées
II.6.10Vitrages à portée d'enfants sécurisés (verre feuilleté) ou film autocollant équivalentIl cherche le marquage du verre ou l'aspect du filmFiche technique du vitrage ou du film et facture de pose : la pièce la plus souvent manquante
III.1.1Zone d'entrée permettant à au moins un parent de s'asseoirIl compte les assisesUne photo suffit
III.2.2Un lavabo adulte par espace de change, lavabo enfant pour les marcheurs, une cuvette enfant pour 10 placesVisite des sanitairesPlan des sanitaires, facture de plomberie en cas de travaux
III.7.2Sans espace extérieur privatif : le projet éducatif précise l'accès de tous les enfants aux activités de plein airIl lit le projet éducatifLe projet éducatif à jour, transmis au conseil départemental
III.7.4Clôture de 150 cm sans appui horizontal, barreaux et jour au sol de 11 cm maximum, portillons non manipulables par les enfants, protection contre les chutes d'objets depuis les étagesIl mesureFacture de clôture, photo avec mètre, attestation du poseur
IV.5.1Liaisons interphoniques ou téléphoniques internes dans chaque unité, inaccessibles aux enfantsIl demande à joindre l'autre sectionPhoto, contrat ou facture de téléphonie
IV.5.2Téléphone avec accès extérieur direct dans chaque unité, numéros d'urgence affichésIl regarde l'affichagePhoto datée de l'affichage, test noté dans le registre
Annexe IIAffichages aux familles et aux professionnels (deux blocs comptés dans les 23)Il lit les panneaux de l'entrée et du vestiairePhoto datée de chaque panneau, liste de contrôle des affichages
II.2.2, II.4.1, II.6.7, III.1.2Recommandations : variateurs de lumière, 18 à 22 °C, fenêtres oscillo-battantes, plan de déshabillage et rangementsIl constateRelevés de température, ou note écrite datée expliquant le choix de ne pas appliquer

Une directrice de micro-crèche de 10 berceaux à Albi a fait cet exercice en juillet : deux heures avec son téléphone pour photographier chaque porte, chaque prise, chaque fenêtre, un dossier par article, les factures scannées à côté. Le contrôle de septembre a duré une heure quarante au lieu de trois. L'erreur fréquente est symétrique : avoir fait les travaux et ne conserver que le devis global du menuisier, sans détail par disposition. Un devis « mise aux normes, 4 800 € » ne prouve rien sur le II.6.5.

Où en êtes-vous sur les 23 ?

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Vos preuves bâtimentaires rangées avec vos protocoles

Avec Leia, chaque disposition du référentiel a sa pièce jointe, sa photo datée et sa date de dernière vérification, au même endroit que vos protocoles et votre registre de sécurité. Le jour du contrôle, vous montrez le dossier depuis la section au lieu d'appeler le gestionnaire.

Hors référentiel mais sur la grille : les vérifications périodiques que le contrôleur croise avec vos locaux

Le référentiel le dit lui-même : il « ne saurait se substituer » aux autres règles qui s'appliquent à une crèche en tant qu'établissement recevant du public et lieu de travail, et « la vérification du respect de ces autres dispositions incombe aux autorités compétentes ». Mais le guide d'avril 2026 range dans le contrôle de l'installation la conformité aux exigences mentionnées dans les déclarations et avis en matière de sécurité incendie ou d'hygiène et de sécurité alimentaire. Autrement dit, le contrôleur de PMI n'est pas la commission de sécurité, mais il demandera vos attestations.

  • Installations électriques : rapport de vérification périodique. Au titre du code du travail, tous les ans, ou tous les deux ans si le rapport précédent est vierge d'observations (arrêté du 26 décembre 2011). Un arrêté du 1er décembre 2025, applicable depuis le 1er juillet 2026, modifierait par ailleurs l'article PE 4 du règlement de sécurité pour porter à trois ans au plus l'intervalle de vérification des installations techniques des ERP de 5e catégorie : à confirmer avec votre organisme de contrôle avant de décaler une échéance.
  • Qualité de l'air intérieur : décret n° 2022-1689. Évaluation annuelle des moyens d'aération avec mesure du CO2, autodiagnostic au moins tous les quatre ans (le premier avant le 31 décembre 2026), campagne de mesures aux étapes clés de la vie du bâtiment, plan d'actions. Le bilan de l'évaluation s'affiche à l'entrée.
  • Aires de jeux extérieures : décret n° 96-1136. Plan d'entretien, plan de maintenance et registre des contrôles « tenus à la disposition des agents de contrôle ». Le décret ne chiffre pas la fréquence ; les normes NF EN 1176 servent de référence, avec un contrôle principal annuel.
  • Registre de sécurité incendie : l'article PE 33 du règlement de sécurité prévoit que l'exploitant tient à jour un registre de sécurité. Sa portée exacte en 5e catégorie fait l'objet de lectures divergentes selon la présence de locaux à sommeil, mais il est attendu à la visite : il consigne les vérifications techniques, les travaux et les exercices d'évacuation.
  • Amiante : dossier technique amiante pour tout bâtiment dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, accessible en permanence, matériaux de la liste A contrôlés tous les trois ans. Dans une enquête de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes, à peine plus d'un tiers des établissements accueillant des mineurs concernés en disposaient pour tous leurs bâtiments.
  • Radon : mesurage obligatoire dans les communes classées en zone 3, renouvelé tous les dix ans et après des travaux modifiant la ventilation ou l'étanchéité, résultats affichés.

Dans une crèche municipale de 30 places à Lorient, le contrôle PMI de mai 2026 a été irréprochable sur les 23 dispositions et a pourtant donné lieu à une recommandation : aucune trace d'autodiagnostic de la qualité de l'air, alors que l'évaluation annuelle des moyens d'aération était faite. Ne rangez pas ces pièces dans un classeur « sécurité » séparé du dossier bâtimentaire : le contrôleur ne fait pas la différence. Pour le volet hygiène alimentaire, que la DDPP peut venir vérifier dans le même mouvement, voir notre article sur le plan de maîtrise sanitaire.

Une case manque : injonction, délai, astreinte, la mécanique réelle des suites

Le réflexe est de penser fermeture. Ce n'est pas ce qui se passe. Le guide décrit une procédure graduée, et l'article L. 2324-3 du code de la santé publique, réécrit par la loi du 18 décembre 2023, en fixe l'échelle. Après la visite : rapport, puis phase contradictoire d'un mois en règle générale pour vos observations, puis injonction avec un délai « raisonnable et adapté » pour se mettre en conformité. L'injonction est un préalable obligatoire à toute sanction.

Trois points à avoir en tête maintenant que l'échéance est passée. Le délai raisonnable s'apprécie au regard d'une obligation connue depuis cinq ans, ce qui laisse peu d'espoir d'en obtenir un long. L'injonction peut être assortie d'une limitation de la capacité d'accueil ou d'une réorganisation des locaux, et le président du conseil départemental peut en imposer l'affichage à l'entrée. Et toute injonction est suivie d'un contrôle, sur place ou sur pièces, à l'expiration du délai.

Au-delà : astreinte jusqu'à 1 000 € par jour, sanction financière jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires (100 000 € à défaut de chiffre d'affaires), suspension ou cessation d'activité, et en cas d'urgence une fermeture provisoire immédiate. Le décret n° 2024-1136 du 4 décembre 2024 a précisé la procédure contradictoire préalable à ces sanctions. Un gestionnaire de trois micro-crèches à Montauban a reçu en juillet une injonction sous 60 jours pour des portillons de clôture manipulables par les enfants (III.7.4) sur deux sites. Il a fourni factures et photos en trois semaines ; le contrôle de suivi s'est fait sur pièces. L'erreur à éviter : répondre à une injonction par un courrier d'intention plutôt que par des preuves datées. Le fonds de modernisation des EAJE, 242,6 millions d'euros sur 2023-2027, finance encore ces travaux via votre Caf. Et si vos locaux changent, le règlement de fonctionnement doit suivre : voir notre guide sur la mise à jour du règlement de fonctionnement.

Conclusion : la conformité se prouve, elle ne se déclare pas

Quatre points de bascule. Vous relevez de 23 dispositions, pas de 70, et la surface par place n'en fait pas partie. Quatre articles relèvent de la recommandation, pour lesquels une note écrite et datée répond à la demande. Chaque obligation se prouve par une pièce simple : facture, fiche technique, photo datée, relevé. Et le contrôleur arrive avec un dossier documentaire déjà constitué, auquel il ajoutera vos attestations techniques.

Concrètement, cela tient dans un dossier de vingt-trois onglets, papier ou numérique, complété par vos rapports périodiques. Deux heures pour le constituer, dix minutes pour le mettre à jour après chaque intervention. C'est ce dossier qui transforme une visite de trois heures en une visite d'une heure et demie, et un rapport « pièces transmises ultérieurement » en un rapport sans réserve.

Le coût du statu quo n'est pas la fermeture. C'est une injonction affichée à l'entrée pendant que les familles inscrivent leurs enfants pour janvier, un délai de 60 jours pour retrouver des factures de 2024, et une capacité d'accueil réduite le temps de la mise en conformité. Le dossier de preuves coûte moins cher que la première journée d'astreinte.

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Quand j'accompagne des gestionnaires avant un contrôle, la question n'est presque jamais « avons-nous fait les travaux ? » mais « où est la facture ? ». Le référentiel bâtimentaire est le texte le plus concret de la réglementation crèche : chaque ligne se photographie. C'est pour cela que nous avons construit l'autodiagnostic sur les 23 dispositions, et que Leia range vos preuves au même endroit que vos protocoles. Le jour du contrôle, on montre, on n'explique pas.

Romain Sessine, fondateur de Leia

Sources

Vos 23 dispositions sont-elles cochées, et surtout prouvées ?

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